Que vous ayez déjà pensé à chaque aspect de votre projet ou que vous en soyez encore au stade du rêve, une question vous traverse l’esprit par moments : mais en fait, qu’es ce que l’architecture ?

Dans cet article, je vous propose de découvrir de manière très simple un mot dont la définition peu paraître obscur. Nous exploreront ainsi quelles sont les différentes parties qui composent une discipline que la tradition qualifie de « premiers des Beaux Arts », et son but final. C’est également l’occasion pour vous de vérifier que nos univers ont sufisament en commun pour que vous ayez envie de faire appel à mes services. En effet, la définition que j’ai de l’architecture est une issue d’une culture classique, et n’est pas partagée par l’ensemble de mes confrères.

L’architecture : l’art de bâtir ?

On peut définir très simplement l’architecture comme l’art de bâtir. De ce point de vue, toute construction est un spécimens de cette discipline. Mais de la même manière qu’on distingue la toile de maître de la croûte, on doit distinguer l’œuvre architecturale de la bâtisse : toute construction faite de main d’homme ne sont pas de même qualités.

Pour être capable de faire ce travail critique, les architectes de l’antiquité nous ont transmis trois outils qui permettent à la fois de définir leur art, mais aussi d’en proposer une pratique dialectique, c’est à dire capable de faire coïncider des notion en apparence contradictoires dans un tout qui les transcende.

Les trois piliers de l’architecture

Au premier siècle avant Jésus-Christ, l’architecte romain Marcus Vitruvius Pollio dédicace à l’empereur Auguste un ouvrage qui deviens le premier traité d’architecture connu à ce jour. Pour Vitruve, l’architecture s’articule autour de trois notions fondatrices :

  • Firmitas : la solidité ;
  • Commoditas : l’ordonancement ;
  • Venustas : la beauté.
Vitruve auteur antique sur l'architecture
Vitruve, auteur du seul ouvrage antique connu sur l’architecture

Ni l’ingéniosité sans la discipline, ni la discipline sans l’ingéniosité ne peuvent édifier une œuvre parfaite.

Vitruve – De architectura

Chacune d’entre elles participe à faire une œuvre complète. La qualité des relations qu’elles entretiennent occupe une place fondamentale dans la qualité du résultat final. Les plus belles pièces d’architecture parviennent faire coexister ces trois dimensions de manière si intime qu’elles finissent par se fondre dans un tout indissociable.

Firmitas : la solidité

C’est la première chose que l’on demande à un bâtiment : la solidité. C’est la plus essentielle des parties de l’architecture, amis aussi celle qui est le moins sujete au changement d’appréciation : dans la Rome antique comme aujourd’hui, on entends par solidité la capacité d’un bâtiment à faire face aux outrages du temps. Cette capacité est acquise ou fragilisée à chaque étape du projet : le choix du site de construction, des matériaux, des techniques constructives, de leur mise en œuvre… jusque dans les détails d’exécutions, qui peuvent vite faire la différence entre une maison saine ou humide.

Aqueduc et viaduc pont du gard

Le Pont-du-Gard est un des exemples éloquent en France de la durabilité des constructions Romaines.

Construire un bâtiment solide, c’est être capable de synthétiser les enjeux « physiques » du projet, depuis la compréhension du climat jusqu’à la mécanique des matériaux. C’est une notion que j’ai particulièrement à cœur, à une époque où nous créons un patrimoine mort-né.

Commoditas : le confort

Le confort d’un bâtiment se déploie à travers de multiples aspects, depuis l’intelligence de la disposition intérieur, jusqu’à la qualité des apports lumineux. Aujourd’hui, on doit aussi y intégrer les notions de confort thermique, de qualité de l’air ou même la domotique. D’un point de vue général, le confort d’un projet résulte de l’adéquation entre son programme et son organisation fonctionnelle. Si cette relation est ajustée, la pratique du bâtiment est aisée, agréable, apaisante. Si elle est contrainte ou négligée, la pratique devient épuisante et peut influer de manière importante, bien qu’insidieuse sur la santé des usagers.

Construire un bâtiment « commode », c’est être capable de traduire les enjeux fonctionnels d’un projet en un schémas simple, performant et souple.

Venustas : la beauté

Car si l’architecture se prétends « le premier des beaux arts », il faut qu’elle s’en préoccupe.

La beauté est une expérience sensible, elle est donc par définition intime et subjective. Par contre, ce qui est le support de cette expérience (une maison, un moulins, un palais) doit tendre à l’universel pour toucher une majorité de personnes.

La beauté s’adresse à nos sens, elle passe donc par la matière. C’est une banalité qu’il est bon de rappeler, si l’on ne veut pas faire de notre travail une aventure intellectuelle et désincarnée. Par exemple la peinture s’exprime par de la matière colorée appliquée sur un support, la musique par une vibration de l’air, la danse par le mouvement des corps. L’architecture, par sa nature même s’adresse aux cinq sens (sauf le goût, quoi-que : il y a des maisons de pain d’épice).

  • On la voit,
  • on l’entend,
  • on la sent,
  • on la touche.

Cette complexité doit cependant être résolue dans un seul élan créateur. L’outil que j’utilise pour y parvenir est également emprunté à la culture classique : c’est l’eurythmie.

L’eurythmie cherche le mouvement juste, et privilégie une approche globale de l’œuvre, en vue de faire naître l’Harmonie. Celle-ci est atteinte lorsque chaque élément qui composent un tout est à la fois partie et mesure de ce dernier. Concrètement, elle se traduit par la qualité des proportions, l’équilibre des couleurs, les finitions de matière, la justesse des apports lumineux…

C’est un outil à la fois performant, sûr et très flexible car il s’adapte à tous les programmes et à toutes les échelles de projet.


Et l’architecture dans tout ça ?

L’œuvre authentique apparaît lorsque la solidité, l’ordonnancement et la beauté d’un bâtiment sont indissociables l’une de l’autre. En exemple, je vous invite à observer attentivement la chapelle mortuaire de Sésostris Ier, à Karnak. L’adéquation entre les trois partie de l’architecture y est d’une rare perfection.

Cette approche théorique n’est pas un but mais un outil au service de mes clients. Elle doit me permettre de répondre à leur attente pratiques, mais aussi de me guider dans l’interprétation de leur vision esthétique. Je crois aussi qu’au delà de leur satisfaction, je dois assurer la pérennité de la construction et penser aux générations futures.

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