Orangerie

Appartement dans une serre belle époque

125

ans

135

m2 de surface de plancher

15 000

m2 de parc

Histoire

L’origine de la propriété remonte au XVIe siècle. Les propriétaires se succèdent sur ces terres plantées de vignes 1. Les Carmagnac y sont installés dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle jusqu’en 1835. En 1836 le domaine est cédé à Jean Pierre Rouher, rentier de Lyon qui vend une partie des terres pour le redressement du tracé de l’actuelle départementale quinze, en octobre 1847. Le cadastre de 1822 présente les bâtiments des Carmagnac avant leur destruction.

L’achat de la propriété d’Irigny est signé le dix février 1892, l’acquéreur est Pierre Juppet (1855-1914). L’acte de vente précise qu’il s’agit d’une propriété de rendement et d’agrément, en mauvais état comportant des bâtiments vétustes. Le prix est fixé à 15 000 francs, payés content en espèces. Le domaine comprend initialement les parcelles : 827 à 832 et sera agrandi par l’achat d’une partie de la parcelle 815 en 1901.

Le site est habité depuis 1896 (info. recensement) par la famille du propriétaire. À partir de 1906, Pierre Juppet figure dans le recensement, cependant il s’agit d’une résidence secondaire pour les Juppet qui vivent à Paris, dans un hôtel particulier du quartier chic de la plaine Monceau, au no 36 rue de Naples.

Construction par l’architecte Pierre Curieux

L’architecte des bâtiments est Pierre Curieux (1830-1904). Nous ignorons comment s’est fait ce choix, et les informations sur lui sont rares. En 1900, il est un homme déjà âgé de soixante-dix ans. Avant Bagatelle il réalise la mairie-école de Saint-Germain – l’Arbresle en 1883, dont la réception des travaux est faite le 23 novembre 1884. En 1900, en plus de Bagatelle, il construit le château de Narcel à Sainte-Foy-Lès-Lyon, pour le soyeux Charles Cornet (1858-1932) et son épouse Pauline Bret. La revue La construction lyonnaise cite plusieurs autres de ses chantiers en cours dans la région entre 1900 et 1902. Enfin, il est l’architecte qui conduit pour Georges Chédanne le chantier de l’Hôtel Terminus actuel Château-Perrache, pour la Société des chemins de fer Paris-Lyon-Méditerranée achevée en 1906. L’édifice est de style art nouveau et une collaboration avec Louis Majorelle est supposée pour les marquises protégeant les entrées nord et sud.

La construction de la villa principale est attestée en 1899 et 1905. 

Projet

À l’intérieur, le projet consiste essentiellement en la création d’une mezzanine dans le volume de la serre, au centre de la composition. Cette création se veut respectueuse de l’existant. Pour limiter l’impact sur les maçonneries d’origine, elle sera construite en ossature légère (bois ou métal) et possèdera sa logique constructive propre. La faible charge d’exploitation limitera le nombre de portants évitera la création de nombreuses fondations, préservant ainsi le très beau sol en ciment texturé d’époque.

Cette mezzanine sera positionnée de plain-pied avec le niveau du jardin, et s’accompagnera du percement d’une serlienne sur la façade nord. Cette façade donnant directement sur le mur de la propriété, est depuis l’origine une façade fonctionnelle et ne dispose d’aucune composition lisible. Les nombreuses interventions du siècle précédent, comme son morcellement par l’ajout d’annexes (poulailler, clapiers…) contribue à en faire une façade à faible enjeu patrimonial. Il a donc été privilégié un centrage de la baie sur l’espace intérieur, et une correspondance des menuiseries avec celles de la façade existante.

Rez-de-chaussée (côté cour)

Le rez-de-chaussée est laissé libre de tout aménagement, à l’exception d’un escalier en colimaçon. La vocation de cet espace est d’être polyvalent : lieu de réception et d’exposition, il accueillera également un salon d’été et un atelier d’artiste.

Étage (côté jardin)

L’accès à l’étage se fait depuis le rez-de-chaussée de la serre grâce à un escalier métallique. Ce dernier donne accès au logement est par un vestibule desservant le salon et la chambre principale.

La mezzanine à proprement parler est complètement ouverte sur le volume de la serre. Le garde-corps formé par la poutre de rive est de faible hauteur, mais de forte épaisseur, permettant l’aménagement de rangement bas. Dans cet espace se succèdent le salon (à cheval sur le demi-niveau persistant entre le logement est et la serre), la salle à manger et la cuisine. Cette dernière commande l’accès au logement Ouest transformé en grand bureau et en chambre d’amis. Le parti pris est d’ouvrir les deux appartements qui encadrent cet espace central pour construire une promenade architecturale d’un bout à l’autre du bâtiment, dont la vue plongeante sur la serre constitue le point d’orgue. La grande perspective ainsi construite est rythmée par un aménagement paysager des espaces de vie, par des mises en lumières variées et par un jeu de niveau des sols et des plafonds.

De plain-pied avec le jardin, cette longue pièce s’ouvre sur l’extérieur par une serlienne vitrée, placée dans l’alignement des baies de la façade sud.

Aménagements extérieurs

Le jardin au nord est remanié en cohérence avec les ouvertures créées. La partie ouest se transforme en terrasse pavée de galets fendus, à l’image de ce qui existe dans la cour plus au sud. Un ensemble de marches et de gradin permet de faire la transition avec la partie est, laissée en pleine terre. Une jardinière est aménagée à l’angle de la terrasse, plantée d’aromatiques et de buissons persistants. L’eau est évacuée le long du chemin, dans la rigole existante prévue à cet effet.